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Les bains turcs modernes

En 1850, tout ce qui venait d'Orient était à la mode et la pratique des bains retint l'attention de l'Europe. David Urquart, auteur du livre « The Pillars of Hercule » a passé beaucoup de temps en Grèce et en Andalousie, où les hammams étaient toujours populaires. Il fut impressionné par leur utilisation intensive par les personnes défavorisées. Il inclut dans son ouvrage les plans de construction détaillés d'un hammam, ou, comme il le nomme, d'un « bain turc ».

Urquart croyait que si l'on pouvait construire le même type de structure dans les villes polluées par la fumée des centres industriels britanniques, il serait peut-être possible de soulager les souffrances des travailleurs. Il proposa donc un plan afin de construire 1000 « bains turcs » pour les deux millions d'habitants de Londres. Il voyait les bains publics comme une arme dans « la lutte contre l'alcoolisme, l'immoralité et la saleté sous toutes ses formes. »

Le livre d'Urquart fut acclamé. Un de ses supporters enthousiastes, Charles Bartholomew, bâtit, avec l'aide d'Urquart, un « bain turc » chez lui. Bartholomew souffrait à cette époque de crises de goutte sévère. Peu après avoir commencé à prendre des bains régulièrement, il guérit. Il devint instantanément un prophète. Il reçut beaucoup de gens dans son hammam, et beaucoup furent conquis. « J'y suis allé en béquilles, mais après quelques bains, je courais comme un lapin » écrivit le général Sir Abraham Roberts.

Le docteur Richard Barter s'inspira du livre d'Urquart pour construire le premier « bain turc » d'Irlande. L'institut thermal St Ann's ouvrit ses portes en 1856. Richard Barter construisit dix autres instituts avant de mourir. La bibliographie de Barter mentionne « Ce que le secret de la transmutation des métaux aurait été à un alchimiste, ce que la découverte de l'Amérique fut à Christophe Colomb, le bain de vapeur le fut pour le docteur Barter. »

Dès 1862, le « bain turc » fît son apparition en Allemagne, en Angleterre, en Amérique et en Australie. Le prototype utilisé fut construit à partir des plans d'Urquart. L'air y était saturé de vapeur d'eau. Mais Barter parvint à l'améliorer en augmentant la température afin de produire une chaleur sèche. Ce bain fut appelé le bain turc « nouveau et amélioré », le bain turco-romain ou encore le bain romain-irlandais.

En 1862, le journal « Illustrated London News » fît mention d'une entreprise, la « London and Provincial Turkish Bath », qui voulait « réaliser le rêve d'Urquart en créant un véritable « hammam » ou « bain d'air chaud » ». Urquart devint le président de l'entreprise et, sous sa supervision, on construisit les bains de St. Jermyn Street.

Les journaux médicaux étaient remplis de compte-rendus élogieux et acrimonieux sur les bains turcs. Des prospectus furent édités, des conférences furent données, des groupes de discussion se réunirent. « Les bains turcs guérissent tous les maux » dirent certains. « Urquart est un charlatan » dirent les autres. Le général sire George Whitlock dit « j'étais confiné au lit suite à une infection du foie et des reins, mais après avoir pris trois bains, je fus capable de rentrer chez moi à cheval, seul, à 3 heures du matin. »

Des médecins proclamèrent que le bain turc constituait un bon traitement contre les maladies mentales. Et le docteur Robertson de l'Essex mentionna que le bain turc était bon contre « la constipation, la bronchite, l'asthme, la fièvre, le choléra, le diabète, l'œdème, la syphilis, la calvitie, l'alcoolisme, sans oublier que la santé des baigneurs s'améliore en moyenne. »

Bientôt les bains turcs firent leur apparition en Europe. Ils surgirent à Paris, et dans les villes allemandes de Nudersdorff, Friedrischafen et Wittenberg. Un expert suédois en balnéologie, Carl Curman, appuya la construction de deux bains turcs à Stockholm. En 1871 il écrivit « Om Bad » (A propos des bains), une des études les plus complètes sur les pratiques du bain, qui louangeait Urquart pour avoir introduit les bains orientaux en Occident.

Les bains turcs en Amérique

En Amérique, la popularité des bains turcs fut toute relative. La révolution industrielle en Europe amenait des milliers d'immigrants européens chaque jour. La plupart d'entre eux allaient travailler dans les usines en forte croissance.

Les politiques socio-économiques étaient dépassées par le nombre impressionnant d'immigrants, et il n'était pas simple de les réformer. Les bains publics étaient rares, et l'on subissait plus que l'on appréciait la pratique du bain. Une étude montra, dans les années 1880, que cinq citadins sur six n'avaient « d'autres moyens pour se laver qu'un seau et une éponge ».

Les bains chauds étaient réservés aux infirmes, pour les autres une bassine d'eau froide et un gant de toilette suffisait. Des immeubles locatifs furent construits dans les centres-villes, mais ils ne comprenaient jamais de salle de bains et pas grand chose n'était fait pour que la situation change. La production de masse de baignoires et l'invention de la douche entrèrent tout de suite dans les mœurs, car elles correspondaient au rythme de vie plus rapide.

Même s'il y eût un intérêt pour les bains publics, celui-ci disparut avec la plupart du temps libre dont les gens disposait, du fait de l'industrialisation. Le peu de bains turcs existant appartenaient à des gens aisés ou à des institutions thérapeutiques, pas au grand public.

En 1913, un auteur américain tenta de populariser le bain turc. Dans son livre « Design of the Turkish Bath », J.J.Cosgrove se plaignait du fait que les bains turcs n'étaient accessibles qu'à une élite. « Le bain turc doit avoir sa place dans tous les hôpitaux, les hôtels, les résidences pour personnes âgées, même dans les foyers. » Il proposa un projet afin de construire des bains turcs bon marché dans les foyers. Mais pour chaque Cosgrove, il y avait une douzaine de politiciens et d'auteurs qui se méfiaient des coutumes étrangères et qui favorisaient de ce fait les douches et les baignoires.

Dans son livre « Les innocents en voyage », Mark Twain exposait avec sarcasme ses attentes quand au bain turc en Turquie.

Ce sentiment, prédominant en Amérique, fut résumée en 1914 par le docteur William Paul Gerhard dans un rapport à l'Association américaine pour la promotion de l'hygiène et des bains publics. « Étant donné que le bain de vapeur est un moyen très efficace pour se laver, les bains turcs ou les cabines d'air chaud devraient se trouver dans les bains publics. Cependant, je crains que les frais supplémentaires non négligeables, pour la construction et la maintenance, les excluent d'office. À moins d'être beaucoup fréquentés, ils risquent de ne pas être rentables. Il y a très peu d'établissements de la sorte aux Etats-Unis. Ils ne sont pas si indispensables dans notre pays, du fait de l'utilisation généralisée de salles de bains dans les foyers de la classe moyenne et aisée… »

À une époque où les villes d'Amérique étaient assez peu intéressées à fournir des bains publics, les membres de la profession médicale préconisaient les douches, plus « économiques et hygiéniques », et non les bains de vapeur publics.

Les bains turcs aujourd'hui

Les bains turcs que l'on peut trouver en Amérique aujourd'hui se trouvent dans les grandes villes, et ont une petite clientèle. Ils ne ressemblent que très rarement aux hammams d'origine, ou même au prototype d'Urquart.

Le bain turc sur la rue Ellis, à San Fransisco, a ouvert au public en 1911, mais il a fermé dans les années 1980 à cause de l'épidémie de SIDA. Seuls les hommes y étaient acceptés. Pour 4$, vous aviez accès à un bain de vapeur, un sauna et des douches. Vous pouviez vous entraîner, relaxer dans un petit vestiaire privé, regarder la télévision ou lire dans la salle de lecture. Pour 6$ de plus, vous aviez droit à un massage, « comme seuls les hommes savent le faire. »

Après avoir laissé vos affaires, vous receviez une clé et deux serviettes, puis vous montiez aux vestiaires. Ensuite, vous redescendiez, vous traversiez une épaisse moquette, séparant une salle de lecture d'une piscine d'eau froide fermée. Derrière vous, sur le côté de la piscine, se trouvait une salle commune où les baigneurs venaient regarder la télévision (une pâle imitation de la salle d'étude des Romains).

Au-delà de l'aire d'exercice il y avait le sauna qui comprenait, dans un coin, le bain de vapeur. Le sauna, dont la température était de 150 degrés Fahrenheit environ, était assez spacieux pour contenir cinq sièges, quatre lits de repos et deux séries de 6 radiateurs alignés sur deux murs.

La taille du hammam était peut-être le seul point commun qu'il avait avec son prédécesseur moyen oriental. Si vous demandiez à quelqu'un ce qui en faisait un hammam, celui-ci aurait probablement haussé les épaules et répondu : « C'est peut-être le bain de vapeur, peut-être le sauna, je ne sais pas. »

 

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